Séminaires et webinaires

L'institut organise des séminaires ou webinaires par cycle de trois, à raison de trois cycles par année.

Les scientifiques et leurs engagements

A travers l’histoire, des scientifiques de toutes disciplines ont souvent pris la parole au sein de l’espace public sur des sujets qui dépassaient le cadre de leur activité professionnelle. Le rejet de l’esclavage et des injustices par certains auteurs de l’Encyclopédie, les défenses de Dreyfus (telles celles du physicien Emile Duclaux), les engagements géopolitiques d’Elisée Reclus, la résistance de scientifiques du Musée de l’Homme dirigés par les ethnologues Boris Vildé et Anatole Lewitzky face au nazisme, les alarmes de nombreux physiciens contre la bombe atomique, le combat de climatologues et d’écologues pour le climat et la biodiversité (Jean Dorst, « Avant que Nature meure », en 1965, les rapports du GIEC et de l’IPBES), les alertes de médecins sur les risques sanitaires liés à l’alimentation, à l’environnement ou à l’hygiène, les remises en question des adaptations à la pandémie de la covid-19…

Pour autant, les prises de position combatives ne résument pas les formes d’engagement des scientifiques, qui sont diverses : vulgarisation scientifique, dialogue avec les publics, explicitation des enjeux, contestation des infox, réponses à des demandes d’expertise, engagement associatif, alerte sur les risques, lobbying, conseils d’aide à la décision… Aujourd’hui, l’urgence écologique, les transitions socio-économiques souhaitées ou en question renforcent l’importance des chercheurs dans l’espace de la cité. Elles les incitent à sortir de leur « zone de confort » pour s’impliquer dans ces différentes formes d’engagement, jusque dans les débats sur les décisions qui engagent la société. Cette série de séminaires vise à interroger les formes d’engagement des scientifiques dans l’espace public en relation avec les changements environnementaux en cours, et leurs effets sur le travail des chercheurs, leur place dans la société, l’organisation et le financement de la recherche.

1. Vendredi 7 janvier 2022 (14h-16h)
La diversité des engagements scientifiques et leurs implications pour la société

Retour d'expérience du groupe de réflexion sur l'éthique de l'engagement public des scientifiques du climat à l'IPSL
Eric Guilyardi
, climatologue, directeur de recherche au CNRS, LOCEAN-IPSL, Sorbonne Université

Les engagements pour la science au prisme de l'histoire des mouvements rationalistes
Sylvain Laurens
, historien, EHESS, Centre Maurice Halbwachs

De chercheur à expert: quelles formes d’engagement pour quelles attentes de la société ?
Stéphanie Ruphy
, professeure en philosophie et sciences contemporaines, Ecole normale supérieure, laboratoire La République des Savoirs.

Les scientifiques et leurs engagements

Vendredi 18 février 2022
L’engagement et la confiance dans l’expertise

S'embarquer dans la fabrique des politiques de transition : retour d'expérience d'un think tank
Sébastien Treyer, directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)

Chercheur-expert ? Retour sur un engagement dans un projet « Biodiversité versus énergies renouvelables ? »
Pascal Jollivet, maître de conférence en sciences économiques, laboratoire Costech (INSIS-CNRS), Université de Technologie de Compiègne (UTC)

Articuler recherche, surveillance opérationnelle et aide à la décision : l’exemple du réseau OBEPINE
Vincent Maréchal, biologiste, Sorbonne Université

 

Les scientifiques et leurs engagements, n°2

Vendredi 18 mars 2022
L'engagement militant des scientifiques, pour la bonne cause ?

Les ateliers d'écologie politique : pour des sciences engagées et partagées
Steve Hagimont, maître de conférences en histoire contemporaine,
Centre d’histoire sociale des sociétés contemporaines (CHCSC), Université de Versailles-Saint-Quentin,
Alexis Tantet, professeur assistant au Laboratoire de Météorologie Dynamique, École Polytechnique

La recherche-action participative : s'engager pour accompagner les acteurs
Sylvie Blangy, ingénieure de recherches hors classe, Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE), CNRS, Montpellier, et association Sciences citoyennes

Discutant
Yvon Le Maho, écophysiologiste, CNRS, université de Strasbourg, Centre scientifique de Monaco, Académie des sciences

Les scientifiques et leurs engagements, n°3

Cycle septembre-décembre 2021

Vers une renaissance industrielle et écologique en France ?

En France, l’industrie hors construction ne compte plus que pour 13 % du PIB, contre 19 % dans l’ensemble de la zone euro et 24 % en Allemagne. Selon le rapport de France Stratégie « Les politiques industrielles en France. Évolutions et comparaisons internationales » (novembre 2020), la réindustrialisation de la France implique de concilier deux contraintes : d'un côté, « les conséquences grandissantes des crises écologiques générées par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité justifient une refondation et une montée en puissance des politiques industrielles afin de changer en profondeur les modes de production et de consommation, avant qu’il ne soit trop tard » ; de l'autre, les politiques publiques liées à la transition écologique, notamment la décarbonation, seront celles qui, de très loin, auront le plus fort impact sur l’industrie. « Les secteurs des équipements de production d’électricité, de l’automobile, de l’aéronautique, du ferroviaire en seront directement impactés. (...) La concurrence entre une Europe qui a fait le choix de se décarboner très rapidement et le reste du monde sera inégale si des mécanismes d’ajustement carbone aux frontières ne sont pas mis en place. »

Ainsi, parallèlement aux relocalisations souhaitées par beaucoup et par le plan de relance du gouvernement Castex du fait de la pandémie de Covid-19, la réindustrialisation fait partie des questions cruciales à résoudre. Ses bases devront être radicalement différentes et ancrées dans le respect des limites planétaires pour être soutenables et répondre aux attentes sociales légitimes.

Quels sont alors ses ingrédients indispensables ? Quels sont les freins et les atouts d’une réindustrialisation écologique ? Quelles doivent être ses trajectoires de développement ?

1. Jeudi 23 septembre 2021 (14h-16h)
Changer en profondeur les modes de production et de consommation : décroissance, post-croissance, éco-productivisme ou altercroissance ?

Du rapport Meadows aux idéologies modernes de la décroissance
Fabrice Flipo, Laboratoire du changement social et politique, Université de Paris

Que peut être une réindustrialisation écologique et sociale ?
Anaïs Voy-Gillis, géographe, auteur de « Vers la renaissance industrielle », mars 2020

Quels sont les actifs et activités qu’il faut oublier pour entrer réellement en transition ?
Louison Cahen-Fourot, Institute for Ecological Economics, Wirtschaftsuniversität Vienna

2. Jeudi 18 novembre 2021 (14h-16h)
Quels rôles et quelles limites pour les écoindustries et les écotechnologies
dans une réindustrialisation écologique ?

Quels effets attendre des politiques industrielles vertes ?
François Lévêque, CERNA, Mines ParisTech

Deus ex machina ? L'écoinnovation entre mythes et limites
François Briens, ingénieur et socioéconomiste

Des ingénieurs écologistes : comment la profession se recompose face aux défis environnementaux
Hadrien Coutant, UTC, COSTECH

3. Jeudi 9 décembre 2021 (14h-16h)
Les modes collaboratifs d’innovation et de production sont-ils des moteurs de la transition écologique ?

Les atouts de la fabrication distribuée
Christian Simon, FabLab, Sorbonne Université

Des organisations collaboratives à inventer
Etienne Maclouf, CESCO, Sorbonne Université - MNHN

L’innovation territoriale pour une réindustrialisation écologique
Nadine Levratto, Université Paris Nanterre